Plume en devenir, Dy.B n’aimait ni la lecture ni l’écriture à l’école…

Pourtant j’écrivais déjà ado. Pas de journal intime, non. Des lettres ! À ma meilleure amie, quand on ne pouvait pas se parler rapidement ou librement ou facilement, selon les sujets et l’urgence de tracer les événements. Aux personnes à qui je n’arrivais pas à dire les choses de vive voix. Celles-ci n’étaient pas toujours transmises, servant plus d’exutoire que de réel besoin d’échanges.
Puis j’ai découvert que lire pouvait apporter du plaisir au-delà de la contrainte scolaire parfois un peu difficile. Et j’ai de plus en plus exprimé mes sentiments dans l’écriture, sans même m’apercevoir que j’y prenais goût, jusqu’à ce qu’un musicien me dise : « j’aimerais que tu m’écrives une chanson ». J’ai buggé LOL ! Puis, j’ai réalisé. Réalisé que mes courriers avaient tous un point commun : celui de toucher, susciter de l’intérêt et même des compliments. Alors après quelques années de doutes, je rassemble enfin mes bribes, prends vraiment du temps pour ce projet, et m’aventure à la découverte de cet univers.
Retrouvez, des bouts de moi — mes ombres et mes lumières les plus profondes — que je vous expose avec une pointe d’appréhension ; dans le seul but de partager une larme, un sourire, un espoir, ou peut-être vous dire « moi aussi ».
A propos
Récits courts, tranches de vie, santé mentale, sentiments, correspondance, amours sulfureux, poèmes… un extrait ? Cliquer ici !
Journal de Bord du Mercredi 15 juillet
(à lire par thème ou par heure ou les deux)
Lentilles
10h13
J’ai acheté plusieurs paires de lentilles de couleur pour jouer avec mon regard. J’ai voulu faire la belle ce matin. J’ai donc sorti la paire que je portais hier pour la remettre aujourd’hui. Je prépare tout, je prépare mon œil, je prépare la lentille. Je m’escrime à la mettre, me bats contre le réflexe de clignement et la méga force de mes paupières. Vous saviez vous que c’était aussi fort que ça des paupières ? Bref, j’ai perdu le combat, la lentille s’est pliée, puis plus rien ! J’entends vos pensées « comment ça plus rien ? » J’ai d’abord cru qu’elle était tombée. Mais je ne l’ai trouvé nulle part. J’ai cherché partout : sur mes mains, mes vêtements, dans mon décolleté, dans le lavabo, le contour du lavabo, j’ai déplacé chaque objet, soulevé chaque mouchoir en papier, inspecté le sol, déplacé la poubelle, avec la lumière du portable bien sûr. Rien de rien. Je me suis dit elle n’est quand même pas restée dans mon œil et je ne la sens pas. Je revérifie mon œil sous toutes ses coutures, je tire sur mes paupières, les soulève, regarde en haut, en bas, même avec le flash du portable dans l’œil. Pas là non plus. J’ai refait ces deux petits manèges deux ou trois fois. La lentille a tout bonnement disparue !
J’ai demandé à l’IA, il paraît que c’est un phénomène très connu l’évaporation de lentilles. Bah moi je l’ai découvert ce matin, en même temps que mon seum de devoir renoncer à une paire toute neuve, portée qu’une seule fois…
Tant pis pour moi. J’avais acheté plusieurs couleurs, donc je vais en choisir une autre pour aujourd’hui.
16h22
Eh mais appelez-moi « boulet number one » ! Je pars à la piscine avec deux lentilles, je reviens avec une seule. Faut-il être con aussi pour aller à la piscine avec des lentilles, alors que ce ne sont même pas des lentilles de vue. Je n’ai même pas mis la tête sous l’eau. Du coup, je n’ai pas la moindre idée du moment où je l’ai paumé. Parfois je « m’auto saoule ». Je ne peux vraiment m’en prendre qu’à moi-même pour une bêtise pareille.
Je devrais peut-être essayer d’associer les deux toutes seules, la Rivière et la Bora, peut-être que ça rendra bien… 😉
Canicule
14h15
La chaleur harassante ralentit tous les corps. Chacun chacune se meut lentement, limite les efforts, et se plaint de cette fatigue excessive dû au manque de sommeil. Trop chaud le jour, pas assez frais la nuit. Les températures ne redescendent pas, il est impossible de faire une nuit complète et réparatrice, encore moins une sieste en pleine journée.
Je ne déroge pas à la règle et supporte difficilement la canicule qui s’abat sur nos épaules depuis deux semaines. Comme tout le monde, il m’est impossible de me reposer la journée malgré le ventilateur. Pourtant j’arrive tout de même à faire de bonnes nuits. Je dors longtemps, mon sommeil semble plutôt réparateur. Je n’ai pas trop de mal à me lever le matin (quand je ne loupe pas le réveil 😅).
Malgré tout, je suis épuisée. Pas simplement fatiguée, même pas franchement éreintée, comme certains le perçoivent. Mais vraiment épuisée, à bout de force, dans l’incapacité la plus totale d’entrer en action. Même l’envie s’étiole.
Où vais-je !
13h23
Je n’y arrive pas. J’essaye, mais je n’y arrive pas.
Entre jeûnes et sucreries, je ne me fais pas au rythme des réjouissances diététiques. Les recettes sont bonnes, mais les horaires ne correspondent pas aux moments où j’ai faim, les repas sont beaucoup trop tôt. Au saut du lit, mon corps n’est pas réveillé, et mon estomac ne réclame pas de nourriture. Malgré le fractionnement des rations, les quantités sont supérieures à ce que je mange habituellement. Surtout par ces chaleurs. Même quand j’ai faim, je peine à finir mon assiette. Parfois l’appétit me surprend entre temps et je vais engloutir avec plaisir ma collation, parfois je n’y touche même pas.
De plus en ce moment, j’ai envie de rien. Quand bien même j’aurais faim, je ne peux rien avaler. J’ai mal au ventre. Je ne veux rien dans ma bouche. Et voici plusieurs soirs où j’ai craqué et dévoré les bonbons préalablement cachés. La motivation s’est dissipée, je me sens à nouveau vide et triste, mon entrain s’enfuit. Je crains encore d’être à nouveau sur la pente descendante.
J’ai l’atelier « comportements alimentaires » tout à l’heure. On va sûrement me dire que l’on mange pour se remplir et compenser, que le sucre procure du réconfort, et que l’envie de rien dans la bouche signifie le rejet ou le refus de je ne sais quoi. Bravo Einstein, tu as trouvé ça tout seul. Comme si on découvrait la psychologie grâce à eux. Tous les conseils du monde qu’ils pourront nous donner ne remplaceront pas une thérapie longue et difficile. Espérons tout de même apprendre une ou deux choses et repartir avec quelques outils utiles.
16h46
J’aurais dû gâger sur l’inutilité de cet atelier, en tout cas pour moi. Non seulement je n’ai rien appris, mais le seul outil que l’on nous a donné ne me sera pas d’une grande aide. Il s’agit d’un tableau avec quelques questions. Le but est d’identifier la source du problème. C’est pas comme si je faisais déjà ça tout le temps au naturel et en thérapie avec ma psy. Pas besoin de feuilles de papier pour ça.
Comment se sentir mieux après ça ?
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